Lorsqu’on évoque aujourd’hui les “ technologies de l’information et de la communication ”, le “ multimédia ” ou “ l'Internet ”, le discours véhicule toujours une aura presque euphorique dans laquelle se mêlent une autojustification du bien-fondé de ces innovations technologiques, au plan économique, des postulats sur leur potentiel culturel, voire l’importance de leur influence au plan social.
L’émergence et le développement de ces technologies s’inscrivent dans cette sorte de continuum que pourrait représenter le rapport que l’homme entretient avec le monde. Pour décrire ce rapport, Perrin (1997) identifie quatre ères :
“ Au début était l’ère des sens et du signe où le réel est éprouvé et manifesté. Puis vint, l’ère de la parole et du récit où le réel est conté et symbolisé. Ensuite arriva l’ère de l’écriture et de la logique où le réel est décrit et expliqué. Aujourd’hui nous vivons l’ère de la machine et du modèle où le réel est simulé et interprété. Ainsi en quelques millénaires, l’homme s’est affranchi de la réalité du réel pour le contrôler et faire de celui-ci un monde manipulable, dont les caractéristiques s’éloignent de la réalité pour créer une réalité plus virtuelle. ”
Phénomène récent dont le développement en termes de services et de pratiques est, sinon exponentiel, en tout cas rapide, le multimédia est source de multiples interrogations, qu’il s’agisse de sa conception ou de ses usages. Si la dématérialisation de l’information est l’une des caractéristiques de l’impact des technologies de l’information et de la communication dans la société actuelle, l’immédiateté, l’iconisation sont autant d’autres conséquences aussi importantes. Les récents évènements ont montré l’incidence de l’immédiateté sur l’appréhension de faits et la construction des opinions. Supprimer le temps du recul réflexif, inonder l’humanité d’images dont le sens se perd dans la confusion entre le réel et le fictionnel, interroge aujourd’hui l’éducateur. Quels sont les nouveaux savoirs enseigner ? Savoir accéder à l’information, savoir la traiter. Les compétences spécifiques du traitement de cette information sont étroitement liées à la capacité du sujet à traiter des formes sémiotiques que sont les icônes. Le développement des formes imagées de l’information et de sa structuration nécessite également de nouvelles compétences. Cette brève introduction montre les bouleversements liés au développement de la société de l’information. Bouleversements auxquels doit préparer l’école et pour cela doivent se préparer les enseignants et formateurs qui doivent développer une pensée critique de ces technologies qui leur permettra d’accompagner les futurs citoyens dans l’apprentissage de leurs responsabilités personnelles et professionnelles.
dimanche 8 juin 2008
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